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Pôle Sustainability & Fashion - Portrait d'Alumni - Conseil & RSE - Stéphane Piot

Information générale

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27/05/2020

Cette semaine le Pôle Sustainability & Fashion met en avant l'actualité de l'un de ses membres Stéphane Piot Promotion 1994 de l'Institut Français de la Mode .

Vous retrouvez ici le lien vers les résultats de l'étude Conscience de Mode (diffusés à partir du 5 juin) ainsi que l'interview de Stéphane et le portrait de son entreprise Pando.


"Stéphane Piot et sa société Pando, ont décidé de travailler conjointement avec des consœurs consultantes en mode éco-responsable (Liya Korjova d’Artek Ermitage et Léopolda Contaux-Bellina de Sed Nove Studio) afin d’allier les forces de chacun pour mener le changement dans la Mode. Le résultat de ce regroupement est la création du collectif Consciencesde Mode.


Conscience de Mode


La première action du collectif a été un questionnaire déployé au sein de l’industrie afin de comprendre comment la mode vit le confinement. L’objectif de ce questionnaire a été de mener une étude sur l’après covid-19 dans la mode.

Les résultats de ce questionnaire seront dévoilés et analysés dans une video de 30mn disponible à partir du 5 juin prochain. 

Pour les découvrir il suffit de s'inscrire, ici gratuitement, via le lien 


RSE & MODE - Post Covid



Interview - Stéphane Piot (28 avril 2020)


- Bonjour Stéphane, tu as pris contact avec nous pour partager avec les alumni les résultats de l’étude Consciences de Mode. Nous avons eu envie d’en savoir un peu plus sur toi puisque parallèlement tu finalises les dernières étapes de lancement de ton entreprise. Pando une structure de conseil spécialisée en RSE que tu as cofondée avec une ancienne collègue désormais ton associée.

Beaucoup d’alumni sont sensibles aux enjeux de RSE et en tiennent de plus en plus compte dans leurs pratiques professionnelles. Nous aimerions mieux comprendre la place de la RSE dans ton parcours et comment s’est opérée la décision de te consacrer complètement à ces sujets.



Pour commencer, dis-nous … Est-ce que tu as toi-même en mémoire un moment précis où la RSE est entrée dans ta vie ?


Lorsque je travaillais dans les bagages, j’ai vite compris que la prise en compte de la pollution et des conditions de travail dans les ateliers “du Monde” auxquels je rendais visite était à mille lieux de ce que nous aurions souhaité. 

Petit à petit, j’ai essayé avec ces fournisseurs d’apporter des améliorations, par « touche », sans tout bouleverser mais progressivement. La RSE est entrée dans mon travail au quotidien sans vraiment s’annoncer. Et puis ces initiatives très pragmatiques faisaient écho à mon choix d’une alimentation bio et locale dont j’avais été l’un des early-adopters. Mon action et mon engagement ont grandi doucement, l’une renforçant l’autre …


- Autour de toi, vois-tu de la même façon une conscience plus forte des enjeux RSE impacter progressivement la vie et les choix de tes collègues ? Quels indicateurs te semblent importants à suivre ?


L’évolution est encore très lente mais il y a des déclics.

Ce serait trop facile de faire encore aujourd'hui référence au Rana Plaza mais vraiment cet évènement a agi comme un déclencheur. Il m’a semblé également au moment où l’enseigne Primark s’est installée en France que la communication sur des prix incroyablement bas avait choqué une part importante des consommateurs. Mais toutes les initiatives ...Le Sommet de Copenhague,le Fashion PactFashion Revolution,Fashion for good… les prises de parole de Greta Thunberg…la loi relative au devoir de vigilanceet beaucoup d’autres très beaux projets se rejoignent dans la même volonté.


Cette multiplicité des actions tant de la part des marques que des Etats accompagne la sensibilisation de chacun. Et petit à petit, plus personne ne peut ignorer ni les faits ni les moyens de contribuer selon ses possibilités à un meilleur équilibre.

Au sein des pays occidentaux, le Made in Local reste un bon indicateur et de nombreuses entreprises commencent à développer des processus de fabrication plus ouverts à une vision circulaire du développement produit.


Pour autant la fast fashion reste très présente. L'une des raisons souvent évoquées est celle des labels. Ces labels ne sont pas dans l’habillement encore suffisamment lisibles. Les labels Bio développés dans l’alimentaire devraient être pour nous des modèles (le label AB en particulier). Ils offrent à chacun un meilleur pouvoir d'appréciation du choix qu’il opère, notamment dans le ratio intime que chacun soupèse entre le prix et la fiabilité « bio » de l'objet...


Et puis parfois ce sont des changements technologiques qui seuls peuvent faire évoluer les usages. Les ventes mondiales de polyester vierge sont encore très élevées car la collecte et les technologies de recyclage à grande échelle à un prix compétitif sont toujours en développement. Seul un changement global et systémique pourrait changer la donne.

Mais je reste très confiant. La pente est positive ! 


Très récemment la crise a poussé certains responsables à exprimer leur volonté de soustraire leurs entreprises aux engagements RSE qu’ils avaient pris avant le confinement international que nous venons de connaître. La levée de boucliers a été immédiate.


- En terme de RSE, quelles sont les demandes les plus récurrentes des entreprises actuellement ?


Permettre à la marque de gérer une association juste entre l’appétence Mode qu’elle suscite et l’assurance RSE qu’elle représente est un levier majeur.


Et ce titre, la matière est un ambassadeur très fort. Une communication sur la fibre textile elle-même est aujourd’hui plus facile à comprendre par le consommateur que n’importe quelle autre information sur la chaine de valeur du produit.


Par ailleurs les entreprises peuvent avoir besoin d’être accompagnées pour faire évoluer au sein de leurs équipes la conception d’un design et d’un développement produit qui intègre toutes les vies possibles de l’objet.


Dans nos secteurs, 80% des actions RSE efficaces à court terme se jouent aux deux extrémités de la vie produit. Au tout début pour un Design Circulaire et au moment où l’objet rentre en contact avec l’usager pour que celui-ci intègre bien la démarche associée à l’objet. 

L’Intégration de l’usager est un levier incontournable : en clair, la corrélation entre la démarche et la bonne acceptation par l’usager de la démarche.


Mais il ne faut rien négliger pour autant. Certaines actions auront des effets à plus longue échéance. Tous les efforts méritent d’être partagés et communiqués mais certains auront de meilleurs effets court terme : Sensibiliser l’usager sur la fin de vie de l’objet, la durabilité, la recyclabilité, les micro particules, la moindre pollution… La comparaison avec le bio fonctionne parfaitement.


- Est-ce que des démarches RSE venues d’autres secteurs d’activités t’inspirent ou bien trouves-tu nos secteurs assez précurseurs ?


Le shift dans l’énergie a été très important pour soutenir un virage plus responsable.

L’ameublement a mis en place des filières de fin de vie très tôt.

L’automobile a travaillé sur le cycle de vie quitte à remettre en question ses schémas et ses chaines de valeur.

J’ai aussi envie, sur le modèle des repair-cafés qui se développent pour l’électroménager, de voir s’ouvrir des coutures-cafés …


- L’IFM est engagée en faveur de plus de développement durable au sein des programmes et de manière plus générale pour contribuer à la sensibilisation des différents acteurs du secteur. Comment interviens-tu dans ce contexte ?


Mes liens avec l’IFM se sont développés depuis plus de 15 ans en lien avec la formation continue. Petit à petit j'interviens simplement de plus en plus sur le développement durable.

L’IFM est très engagée sur la RSE au travers de la Chaire Kering avec Andrée Anne Lemieux et le programme de l'an prochain est aussi ambitieux que réjouissant.


J’interviens ces prochaines semaines sur de nouvelles formations en ligne compte-tenu du contexte sanitaire, pour 4 modules. C’est un plaisir de rester en lien avec l’IFM bien sûr mais en réalité de contribuer à augmenter la compétence RSE autour de moi dès que j’en ai l’opportunité.


Dans le cadre d’audit d’entreprises et des suivis pour accompagner les projets, les équipes ont besoin de messages très pratiques, accessibles et dédramatisés.

Face à la complexité du sujet il s’agit de poser les premières bases, les plus légitimes selon l’entreprise, son histoire, ses enjeux. Et quand l’équipe s’engage, il faut consolider petit à petit en co-développement.


- Tu as déjà évoqué la bienveillance avec laquelle tu abordes la cohabitation d’une grande multiplicité d’organisations, de collectifs et d’initiatives RSE. Au-delà de la convergence entre toutes ces démarches comment arbitres-tu ta disponibilité et ton choix de contribuer davantage à certains plutôt qu’à d’autres ?


Je suis très attentivement ce que les collectifs testent et développent. Les bonnes pratiques circulent. A mon sens, démultiplier les espaces et médias sur le développement durable permet une meilleure circulation des informations. L’implication de chacun est stimulée par ces cercles de personnes engagées qui partagent la même vision et la même nature de conviction et d’authenticité au quotidien. 


Je suis proche de beaucoup de ces cercles et engagé vis-à-vis de Consciences de Mode au travers de Pando. Je serai toujours présent pour l'IFM et reste très à l’écoute des alumni sur ces sujets bien sûr !

Stéphane Piot 

06 63 78 12 19



En savoir plus sur Pando  :

Pando est une société de conseil en mode éco-responsable que viennent de cofonder Laëtitia Hugé et Stéphane Piot (IFM94). Après 25 ans passés au sein de l’industrie de la mode, les deux amis, aux expériences et compétences très complémentaires, ont souhaité concilier leurs valeurs et leurs actions pour redonner du sens à notre industrie, avec optimisme, enthousiasme et respect. 


Le respect est au cœur de toutes leurs actions et de leur raison d’être : respect de la planète, de l’humain, des clients, de leurs convictions.

La transmission fait partie intégrante du projet : transmission de leur expérience du secteur et de leur expertise afin d’amener les entreprises de la Mode à embrasser le Développement Durable avec un niveau d’autonomie adapté à leur structure et stratégie autour des 4 critères fondamentaux (écologie, social, sociétal et économie) de la RSE.


Pando, « je m’étends » en latin, fait justement directement écho à cette valeur de transmission.Pando est également le plus vieil arbre du monde, ou plus exactement la plus  vieille forêt s’étendant depuis 80.000 ans sur un système racinaire unique, en mode circulaire vertueux.


Pour redonner du sens à notre industrie, l'offre RSE et Développement Durable de Pando s'articule autour de 3 principaux axes : Diagnostiquer - Accompagner - Informer 


https://pandofashion.com/

https://www.linkedin.com/company/pandofashion/

/var/folders/mw/9gd7c0k904x1y0_dwl1bj5gr0000gn/T/com.microsoft.Word/WebArchiveCopyPasteTempFiles/uc?export=download&id=1wUIJzKs6IEoEVcPirtu2IpSmIaZfAVOz&revid=0Bz4ukNWR-s21MmpuVWNSWGRmWjNLZ2VHcnA2Z295ei9pYk80PQ

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